À deux pas du château, dans le triangle d’or,
l’ancienne église anglicane de Compiègne
Compiègne, OISE picardie 60200 FR

Situation

Située dans les beaux quartiers, l’ancienne église est au cœur de la ville impériale. A pied, le château est à 10 minutes et la gare à 15 minutes. La gare SNCF met Paris à 1h, l’autoroute A1 vous permet de relier la capitale en 1h également, Lille en 2h et Bruxelles en 3h. Compiègne avec son château royal et impérial est une ville touristique et dynamique qui propose un large choix de commerces, restaurants, théâtres et cinémas.

Description

L’église est édifiée le long d’une de ces belles avenues conçues sous Louis XV et bénéficiant de l’ombrage des arbres centenaires. Autour, les villas cossues apportent une ambiance bourgeoise au quartier. En face de l’église, l’hippodrome et le parc du château adoucissent le paysage par sa verdure omniprésente. Elle est dédiée à Saint André (Saint Andrew), patron de l’Écosse. Sa construction n’est pas une initiative de la communauté britannique de la région. Elle est due exclusivement à la générosité d’une riche écossaise, compiégnoise d’occasion. Maria Jane Bowes Lyon, parente de la reine Victoria, est en effet représentative de tous ces Anglais qui viennent à Compiègne sous le Second Empire pendant le séjour de la cour impériale. C’est l’époque des « séries » où Napoléon III et l’impératrice Eugénie reçoivent au château pendant 4 à 6 semaines par an, en particulier à l’automne. Chaque semaine, une série d’invités se succède, d’où le nom de cette villégiature prestigieuse. La première pierre fut posée le mardi 7 mai 1867, sous la présidence du Très Révérend docteur Smith, ancien évêque de Victoria à Hong Kong. L’inauguration de l’église eut lieu le mercredi 6 mai 1868. Pendant la première guerre mondiale, l’église servie pour les offices religieux des officiers anglais basés dans les environs. Si, par miracle, pendant ces années de guerre, elle ne fut pas touchée par les obus, à la toute fin d’Août 1918, elle fut très endommagée par l’aviation allemande. De cette tragédie, l’édifice tomba dans une profonde torpeur. La résurrection vint en 1927 quand le révérend de l’église de l’ambassade de Grande Bretagne lança une souscription publique soutenue par le Maréchal Foch pour sa restauration complète. Cela redonna, le temps des années 30, une visibilité à la colonie anglaise de Compiègne et une affluence aux offices. L’église traversa la seconde guerre mondiale sans dommage. Après-guerre, le culte anglican perdit petit à petit ses fidèles et, à partir de 1954, l’Église baptiste de Saint-Sauveur y tiendra des célébrations hebdomadaires. A partir de 1977, elle entreprit des travaux de restauration pour préserver l’édifice qui se dégradait. La toiture et l’électricité furent entièrement refaites, la cloche et son carillon restaurés. L’église baptiste se portera finalement acquéreur de l’édifice en 1989. L’église, devenue temple, restaurée avec le soutien de la Fondation du Patrimoine est à nouveau inaugurée le dimanche 6 avril 2014.

L'église

Le style néo-gothique anglais se repère au premier coup d’œil avec une nef trapue et un clocher aussi effilé que pointu, digne des flèches gothiques du XIVème siècle. Avec la façade en retrait de l’avenue, c’est d’abord la clôture en fer forgé qui se remarque. Elle est surmontée du symbole de l’Écosse, la fleur de chardon. Les éléments architecturaux présents sur cette façade sont caractéristiques du style britannique du XIXème siècle : deux fenêtres à lancettes surmontées d’arcades en pierre, un oculus trilobé sur le haut du pignon, des ornements sculptés en feuillage sur les chapiteaux et les culots, une porte à double battants en chêne, au pied du clocher, en forme d’ogive avec les bords moulurés en profondeur.
Des éléments de décoration se rajoutent à cet ensemble architectural :
Un chevalier en armure surmontant l’horloge et entouré par deux animaux fantastiques rappelle ce style si caractéristique de l’époque que l’on qualifia, avec un peu d’ironie, le style troubadour. C’est-à-dire encore plus médiéval qu’au moyen-Age. L’horloge est, elle, bien française comme l’indique la mention « Vérité à Beauvais » et dénote aussi ce XIXème siècle un peu fou où on n'hésitait pas à mélanger des réminiscences gothiques avec une technique de pointe.
Au-dessus de la porte, sous une corniche de pierre trilobée, une inscription en latin « In te Domine Speravi » (en toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance), devise du clan Lyon vient rappeler la création de cet édifice grâce la riche donatrice écossaise.
Partout des éléments qui donnent vie au bâtiment : sur le flanc du clocher se trouve gravée l’année de construction en chiffres latins, une croix sur le haut du pignon, une petite rosace centrale et la flèche tout en pierre qui domine ce quartier de Compiègne.
La nef est recouverte d’un toit à double pente d’ardoise avec, pour le cœur de l’église, une toiture plus basse afin d’apporter à l’autel une ambiance plus intimiste, comme dans un réceptacle. Un plan en croix latine définit le bâtiment avec un discret transept. Au chevet, il n’y a pas d’abside comme le veut la tradition britannique.


Rez-de-chaussée
L’entrée se fait par le clocher-porche qui permet d’atteindre la nef via un passage dans un vestibule. La nef dépourvue de déambulatoire impressionne non par sa taille, mais par la charpente apparente de couleur foncée en forme de coque de bateau. Ce lieu est chaleureux. Est-ce la présence divine ou le choix des matériaux ? Peut-être, un peu des deux. En tout cas, un parquet au sol, des lambris, une pierre de couleur ivoire, de grands lustres d’origine et cette belle charpente en bois soutenue par d’impressionnants jambages apportent une vraie beauté au lieu. Enfin les vitraux, colorés et joyeux, illuminent la nef, en particulier ceux du cœur avec le Christ en berger. Ils sont de style art-déco et datent donc de la restauration de 1927, par suite des dégâts de la guerre.
Autour du cœur, dans les ailes du transept, une chapelle et une sacristie complètent la nef.
Dans la décoration, on peut noter ses baies en ogive, ses ornements sculptés, traces de son origine anglo-saxonne : armoiries de la couronne, la rose (pour l'Angleterre), le chardon (pour l’Écosse), la jonquille (pour le Pays de Galles), le trèfle (pour l'Irlande). Les symboles chrétiens sont également nombreux : Les Épis de blé et les raisins, symbole du Christ, le vitrail du Christ bon berger, la charpente en coque de bateau renversé, symbole de l’Église conduite par le Christ vers sa destinée et enfin, les deux tables du décalogue (Dix commandements).
Enfin, les bancs datent de 1927 et ont, pour certains, un petit crochet pour y suspendre chapeaux et hauts de forme.

Sous-sol
Un petit escalier de pierre extérieur permet d'accéder au sous-sol. Il se compose d'une remise et d'une chaufferie. Sous la nef, en 1867, l'architecte a eu la bonne idée de créer un vide sanitaire.

La maison

Une maison contemporaine d'une surface de 305 m2 occupe l’arrière du terrain. Elle sert actuellement aux réunions et animations de la communauté baptiste. Elle est de plain-pied, couverte d’ardoises, de plan carré avec de larges baies vitrées qui permettent à la lumière d’entrer à flot. Elle se compose au rez-de-chaussée d’une entrée avec l’accès aux sanitaires, d’une grande salle et de deux pièces de réunion. Au sous-sol, cinq pièces desservies par un couloir central permettent diverses utilisations.

Le jardin

L’église est entourée d’un jardin de ville avec une pelouse et quelques arbustes.

Ce que nous en pensons

Aujourd’hui, l’ancienne église anglicane de Compiègne attend une nouvelle vie, pas forcément cultuelle mais plus sûrement culturelle. Sa beauté mais surtout ses dimensions à taille humaine et son emplacement en plein centre-ville sont gages d'une réussite pour un projet artistique. Avec la bâtisse en fond de jardin, un artiste pourra s’y installer pour y vivre au quotidien, conservant l’église pour son activité de travail et d’exposition. Les potentialités d’utilisation sont multiples : centre d’exposition, salle de concert, atelier d’artiste, médiathèque pourraient donner une nouvelle vie à la nef toujours emplie d’une lumière inspiratrice et apaisante. Ainsi, ce lieu restera présent dans le cœur des compiégnois encore pour longtemps.

Vente en exclusivité

575 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


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Référence 828624

Surface cadastrale 1180 m2
Surface du bâtiment principal 150 m2
Surface des dépendances 305 m2
Nombre de chambres 0

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Pays du Valois


Jérôme Ferchaud +33 1 42 84 80 85

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