A restaurer, à la limite du Lot-et-Garonne et du Gers, et à dix minutes d'Agen,
un château Renaissance revisité par un disciple de Viollet-le-Duc, entouré d’un parc de cinq hectares

Situation

Le château est proche de deux gros bourgs de caractère dont le premier, qui possède un prieuré clunisien, se trouve sur un chemin qui reliaient les sites clunisiens allemands avec ceux d’Espagne. Le second est connu pour avoir comme enfant du pays un chanteur français populaire. A la sortie du bourg, la route mène vers le Gers. La ville d’Agen, si bien desservie par son TGV reliant Paris en 3h10, son aéroport pour Orly et son entrée sur l’autoroute Bordeaux-Toulouse, n’est qu’à quelques kilomètres.

Description

Au milieu d’un parc planté des beaux arbres qui firent leur apparition, au 19ème s., dans nos jardins paysagers, le château apparaît sorti d’un roman de chevalerie : il prit la place d’un bâtiment plus ancien, construit sur une ligne de défense reliant la Garonne aux Pyrénées. Ses trois tours furent décapitées à la Révolution. Deux furent reconstruites au 19ème, l’époque étant à la redécouverte du Moyen Age. Viollet-le-Duc "sauvait" Notre-Dame de Paris et la cité de Carcassonne et c’est un de ses élèves qui édifia ce château avec tout le vocabulaire romantique de l’époque, connu comme le style « troubadour ». Rien ne manque : deux grosses tours rondes, au sud, encadrent la façade. Celle de droite, plus ancienne, a une forme arasée, mais celle de gauche est munie de créneaux sous son toit pointu ; elle est percée d’arbalétrières et de trous à feu ; des bretèches accentuent le caractère médiéval recherché. Les grandes fenêtres à meneaux, les murs crénelés fermant les différentes cours intérieures et la décoration de la partie habitation, font du château un véritable document sur la sensibilité de l’époque.
On la retrouve dans le parc tout autour avec le dessin des allées bordées de grands arbres, les restes d’un bassin où les chevaux allaient boire, une gloriette devant la façade sud et un petit bassin de pierre que la source toute proche alimentait. Une garenne et une fontaine avec vasque complètent cet ensemble romantique.

Le château

Une façade, plein sud, au bel appareillage de pierre. Les deux fenêtres à meneaux du rez-de-chaussée encadrent la porte d’entrée, vitrée de petits carreaux sertis de plomb. A l’aplomb, au 1er étage, trois grandes fenêtres, dont une à meneaux, sous le très haut toit de tuiles plates percé de deux lucarnes en pavillon. Une grille monumentale, à l’est, donne accès à la cour intérieure et permet de découvrir la façade nord. Au centre est greffée la tour d’escalier, octogonale. Un haut toit pointu couvert de tuiles plates, également de forme octogonale, est posé sur les créneaux. La porte de la tour est un superbe exemple de sculpture d’époque Renaissance : caissons décorés de clous forgés et deux pots à feu encadrent le blason de la famille que soutiennent deux lions adossés. Cette façade nord donne sur les trois cours des communs, décrits ci-dessous.


Rez-de-chaussée
La porte d’entrée, côté sud, ouvre sur un grand vestibule avec, au fond, un escalier de pierre inscrit dans la tour octogonale de la façade nord. Le sol est dallé d’un carrelage 19ème posé en biais, gris et noir avec une bordure d’inspiration mosaïque. Des boiseries le long des murs et un plafond à corniche droit.
En entrant, deux portes à double battant d’inspiration médiévale, sculptées en plis de serviette, se font face. Ce même mode décoratif se retrouve dans toutes les boiseries de la maison.
A gauche, un salon de grande dimension avec un parquet à bâtons-rompus et un plafond à la française peint : entre-poutres rouge foncé, voliges vert sombre réhaussé de filets dorés. Les fenêtres, au sud et au nord, sont à meneaux. Ici, les hautes boiseries sombres à plis de serviette sont ponctuées de petites figurines en haut relief évoquant tout un bestiaire médiéval. Au-dessus, une série de sept toiles marouflées évoquent des chasses médiévales. Ce décor est classé. Face à l’entrée, sur le mur du fond, une cheminée de style néo-gothique a un manteau de pierre peint : un décor fleurdelisé encadrant le blason de la famille propriétaire du château.
A l’angle sud-ouest une porte ouvre sur la pièce située dans la tour. Le sol est en carreaux de ciment 19ème à motifs. La fenêtre-vitrail est doté de volets intérieurs. Dans l’angle, la cheminée de pierre peinte de style néo-gothique a un manteau où des chats ont été sculptés en haut relief. Les murs sont recouverts d’un papier peint au pochoir, représentatif, lui aussi, du style néo-gothique : des feuillages avec des oiseaux ou de petits animaux évoquent les tapisseries médiévales. Un écureuil est représenté sur le linteau de la porte. A l’angle nord-ouest du grand salon, une porte mène vers les communs.
Retour au vestibule : une double porte en bois sombre et à plis de serviette, ouvre, à droite, sur la salle à manger. Les poutres du beau plafond à la française en châtaignier ciré sont décorées en leur centre de motifs animaliers du même bois sculpté. Un étonnant potager d’origine ancienne est dissimulé derrière une fenêtre à deux battants à vitraux entourée par un encadrement sculpté. Boiseries tout le long des murs et cheminée en bois sombre à trumeau sculpté. Le parquet est à lames droites. Deux fenêtres à meneaux se font face.
Dans l’angle, se trouve l'accès à une chambre récemment aménagée, prise dans la tour sud-est. Baignée de lumière par une ouverture au sud, la forme carrée de la pièce dégage un emplacement pour des toilettes prises dans l’arrondi de la tour. Boiseries de frisette le long des murs, moquette au sol et deux placards.
Un passage mène à la grande cuisine ancienne qui donne sur la cour intérieure. Cette disposition récente a permis de créer, contiguë à la chambre, une salle de bain avec baignoire, lavabo et bidet en faïence bleue. Les toilettes sont séparées. L’installation est vétuste. A la suite, un dégagement carré puis une petite salle à manger, appelée salle à manger des enfants. Pièce de raccordement ouvrant sur la cuisine, elle a une porte-fenêtre donnant sur la cour intérieure et une autre sur le parc. Le plafond est droit et le sol pavé de tommettes modernes.
La cuisine a conservé sa massive cheminée à linteau de pierre en anse de panier. Le manteau est en brique et pierre. Il s'agit d'une partie plus ancienne. Le sol est en terre cuite. Une porte-fenêtre et une fenêtre à meneau simple regardent la cour où se trouve une fontaine de pierre avec sa pompe accolée au mur. Une fenêtre, à l’est, éclaire le plan de travail. Sur le mur du fond, deux portes. L’une, à droite, ouvre sur un local technique (chaufferie). L’autre communique avec l’escalier de bois tournant menant à l’étage où a été aménagé un logement de service composé de deux pièces restaurées et d'une salle de bain aux murs couverts de faïence jusqu'à mi-hauteur.
Une cave, sous le grand salon, est accessible par l’escalier en vis. Elle est voûtée et dallée de terre cuite. Datant sans doute du château primitif elle prend la lumière par deux petits soupiraux de part et d’autre de la vieille cheminée. Un troisième, plus grand, ouvre sur la cour.

Premier étage
L’escalier en vis, aux larges marches de pierre, éclairé par des fenêtres-vitraux, mène au vestibule distribuant les chambres. De même surface que le vestibule d’entrée, il a vue sur les beaux tilleuls du parc. Les vitres de la grande fenêtre, au fond, sont prises dans des boiseries losangées. Le sol est pavé de terre cuite.
Illustrant une recherche de symétrie très 19ème, il y a deux pièces à droite et deux à gauche.
Comme à tout cet étage, la première chambre de droite, ouvre sur le vestibule par une porte à double battants. Le plafond à la française est peint en brun, avec lisérés en rehauts verts et jaunes. Le plancher est à lames droites. Une fenêtre à meneaux donne sur la cour intérieure. Boiseries basses à caissons le long des murs. Au fond, une cheminée d’angle peinte, de style néo-gothique, avec une glace ovale en trumeau. La décoration de cette pièce accentue son style médiéval : grandes tapisseries des Flandres aux murs représentant des scènes galantes ; lit à baldaquin.
A la suite, la deuxième chambre reprend le même décor : plafond à la française peint, plancher à lames droites, boiseries à caisson le long des murs, cheminée néo-gothique peinte placée en angle ; Tapisseries Flandres aux murs évoquant un château à tourelles et des cygnes dans un parc…
Cette pièce ouvre, par un passage, sur la chambre prise dans la tour sud-ouest. Elle est de forme carrée, des boiseries basses à caisson font le tour des murs. La fenêtre haute et étroite est placée dans une embrasure profonde. Aux murs, un papier peint ancien décoré au pochoir. Le plancher est à lames droites.
Sur le côté gauche du vestibule, une première chambre, plus petite, ouvre sur la cour intérieure par une fenêtre à meneaux à volets intérieurs. Le sol est en carreaux de terre cuite. Des boiseries basses à caissons le long des murs.
Puis une deuxième chambre, plus vaste, donnant aussi sur la galerie. De style Directoire, sa cheminée droite, de marbre noir, est surmontée d’un trumeau à colonnes et décor de staff peint en « gris Trianon ». Le plafond est droit. Des boiseries à caisson sont peintes en gris le long des murs. Le plancher est à points-de-Hongrie. A droite de la cheminée, une porte de placard prise dans le mur et une plus grande à gauche, à deux battants. A droite, une porte ouvre sur un petit passage dallé de terre cuite qui donne, par une porte vitrée, sur la chambre prise dans la tour sud-est. Une autre porte sur le mur nord mène à un cabinet de toilette archaïque (tub en zinc et lavabo sur table de toilette style bambou).
La chambre de la tour a un plafond de plâtre, un plancher à lames droites, des boiseries à caissons le long des murs. La fenêtre, au vitrage losangé, est inscrite dans une profonde embrasure. Une cheminée droite, en marbre gris, est surmontée, elle aussi, d’un trumeau Directoire peint en gris.
Le bel escalier en vis poursuit jusqu’au grenier, sous sa voûte ogivale à liernes et tiercerons.

Combles
Ils couvrent toute la surface, présentant une superbe charpente, récemment restaurée, en forme de carène de vaisseau renversée. Ce type de charpente, dans les grands châteaux du Sud-Ouest, était l’œuvre de charpentiers de la marine entre deux chantiers maritimes. Dans un angle, un simple passage ouvre sur le grenier de la tour sud-est. D'ici se voit l’arasement de la tour primitive : carreaux de terre cuite avec un calepinage étudié, vestige d’une cheminée. Le grenier de la tour sud-ouest, datée du 19ème, abrite une petite chambre avec une cheminée de marbre gris, une fenêtre à simple meneau et vitrée de carreaux plomb et une autre, à double meneaux, offre une vue plongeante sur le parc.

Les communs et les cours intérieures.

La façade nord du château donne sur une cour intérieure bâtie sur trois côtés. Le quatrième, faisant la jonction avec l’aile de la cuisine, est fermé par une grille et un haut portail. Deux autres cours lui succèdent, accessibles par des passages dans les bâtiments.
Partant du château vers l’ouest, un long couloir, étroit et voûté, éclairé de meurtrières relie le château à une aile des communs. Vu de l’extérieur, il figure un mur d’enceinte crénelé. En retour d’angle, deux pièces habitables : la première, appelée le « Salon des chasseurs », ouvre sur la cour par une fenêtre et une porte de bois sombre dont les larges planches sont fixées par des pentures travaillées. Le plafond de plâtre est dégradé. Au sol, des carreaux de terre cuite posés avec un calepinage raffiné. Une cheminée de marbre rose avec sa glace au mercure. Une salle de bain rustique a été placée dans une petite pièce en angle, éclairée par une fenêtre à imposte en éventail et volets intérieurs donnant au sud.
Communicante, une deuxième pièce à vocation de cuisine. Plafond de plâtre dégradé. Carreaux de terre cuite au sol. Sur le mur ouest, une cheminée de bois sombre sculpté, d’esprit Directoire. De part et d’autre du manteau, deux fenêtres à imposte en éventail et volets intérieurs. Sous l’une des fenêtres, vestiges d’un potager et d’un évier de pierre. Une porte de bois à penture et une fenêtre ouvrent sur la cour.
Une dernière pièce en tambour termine cette partie habitable. Le sol est en terre cuite. Elle a une fenêtre sur cour et une autre sur le parc. Sur le mur du fond, une porte, condamnée, permettrait d’accéder à la suite des communs, ici le cellier.
Le pigeonnier-porche : un étroit escalier de pierre monte vers la partie pigeonnier, située au-dessus d’un porche voûté fermé par une lourde porte de bois à pentures. Côté extérieur, à l’ouest, une bretèche, à l’aplomb du porche, signale son rôle défensif dans des temps plus anciens. Le bel appareillage du bâti, briques en écaille de poisson et colombages, apparaît sous le vieil enduit à la chaux.
Suit un petit bâtiment, dont les portes basses évoquent un chenil, et la pièce des cochons dont l’auge de pierre est visible à l’extérieur. Au-dessus, le poulailler avec sa pierre d’envol visible de l’autre côté.
En retour d’angle, une partie appelée « logement du domestique » est suivie par un long corps de bâtiment ouvrant au sud, sur la cour, par deux larges portes à deux battants.
La première, encadrée de deux soupiraux en croissant donne sur une écurie à six stalles. Au sol, une calade en galets de la Garonne. Au-dessus de chaque boxe les paniers à foin ont été conservés de même que l’auge de pierre, au-dessous, où était déposée l'avoine.
A la suite, une grande pièce carrelée, la remise à calèche. Elle communique avec le local suivant, garage pour des temps plus modernes, mais aussi séchoir à tabac…
La cour d’honneur est suivie d’une deuxième cour intérieure de grande dimension. Franchi le pigeonnier-porche, un long bâtiment ferme, à l’ouest, la cour d’honneur : un bûcher et une petite réserve, en retour d’équerre.
Une grille la sépare de l’aile des communs qui formera la deuxième cour. Un long bâtiment abritant d’abord une étable, petite : pour la consommation des habitants. Elle est suivie par une seconde écurie, plus spacieuse que celle donnant sur la cour d’honneur, avec des boxes fermés de grilles, prises dans une moulure de bois, dont certaines ont conservé leur décoration de fleur de lys. Une grande réserve termine ce corps de bâtiment. Un escalier de bois part de l’étable pour accéder au grenier à blé couvrant toute la longueur du bâtiment. Très sain et bien ventilé il a une belle charpente faite de troncs entiers ayant conservé leur forme.
Fermant cette deuxième cour, un bâtiment de bois, dans un style de chalet, est dédié aux poules. Avec sa frise découpée et ses murs de claustra il a un petit air antillais, mais semble avoir souffert au cours du temps... Une murette le sépare du corps des écuries et une porte grillagée ouvre sur la troisième cour, close de murets, où ont été placées les porcheries.

Ce que nous en pensons

Le parti pris de reconstitution du Moyen Age au 19ème s. a longtemps été décrié : il partait d'une documentation insuffisante, il inventait, il dénaturait. C'était oublier qu'il avait aussi sauvé des monuments qui risquaient d'être débités pierre par pierre comme cela avait été le cas après la Révolution. Et puis le style troubadour, le "néo", les manifestations de l'engouement pour le gothique ont fini par susciter un intérêt pour eux-mêmes. Il y a Pierrefonds. Il y a d'autres réussites, comme ce château proche d'Agen. Les éléments de décor auxquels notre goût répugne encore ont une valeur documentaire, peuvent être pris au second degré. Ils méritent ici pleinement d'être restaurés. Leur état rend le défi réaliste. Un projet professionnel d'une grande qualité peut être l'entreprise du 21ème s. comme le retour au temps des chevaliers a été le rêve du 19ème s. Le logis principal, les trois cours, les communs sont, tels quels, une source d'inspiration inépuisable.

Vente en exclusivité

600 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


Voir le Barème d'Honoraires

Barème d'honoraires
au 1er Avril 2017

Ventes d'immeubles

À Paris et en Ile-de-France
Prix de vente au-delà de 600 000 euros       5% TTC*
Prix de vente de 400 000 à 600 000 euros   6% TTC*
Prix de vente de 200 000 À 400 000 euros   7% TTC*
Prix de vente jusqu'à 200 000 euros             9% TTC*
Honoraires à la charge du Vendeur

En Province
Prix de vente au-delà de 500 000 euros       6% TTC*
Prix de vente jusqu'à 500 000 euros   30 000 Euros TTC* (forfait)
Honoraires à la charge du Vendeur

Expertise

Avis de valeur argumenté : 1 800 Euros TTC*
Expertise à partir de 2 400 Euros TTC*
Les tarifs des expertises sont communiqués sur devis personnalisé établi sur la base d’un taux horaire moyen de 120 Euros TTC*

   

*TTC : TVA incluse au taux de 20 %

Référence 847489

Surface cadastrale 5 ha 50 a 68 ca
Surface du bâtiment principal 560 m2
Surface des dépendances 430 m2

 

 Voir le Diagnostic de Performance Energétique

Responsable régional
Lot-et-garonne

Armelle Chiberry du Vignau    +33 1 42 84 80 85


contacter

Mes favoris

Partager

envoyer à un ami Pinterest twitter Facebook Google Plus

NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.


E-carte


Envoyer


En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts et mesurer la fréquentation de nos services. OK En savoir plus