Fruit et témoin d'une passion amoureuse,
un château néo-palladien de 1810 classé MH
Vitry-le-François, MARNE champagne-ardennes 51300 FR

Situation

A 5 h de Genève par l'A39 et 2h20 du Luxembourg. Paris est à 200 km.
A 100 km de Troyes et à proximité de plusieurs villes dont Vitry-le-François et Bar-le-Duc, remarquable petite cité Renaissance.
Au centre d'un paisible village de moins de 200 habitants, dans la belle vallée de la Saulx, jalonnée d'un intéressant patrimoine architectural.

Description

Les archives font mention d'un château construit à cet emplacement sous le règne de Louis XIV afin de protéger "la population, les meubles et bestiaux". Dans les années 1810, désireux d'offrir à sa jeune épouse un logement digne d'elle, son propriétaire décida de faire ériger en lieu et place du précédant un château néoclassique de style palladien, genre architectural alors très en vogue. Apparu en réaction aux excès du baroque et du rococo, ce retour à l'architecture antique se nourrit sous le premier Empire de l'engouement que suscitaient les sites romains de Pompéi et Herculanum qu'on venait alors de mettre au jour. L'interrogation concernant l'identité de l'architecte demeure. Les initiales "AL" gravées au sommet du fronton de la façade sud pourraient être un indice, à moins qu'elles ne soient celles d'un tailleur de pierre ayant simplement oeuvré à la construction. Quoi qu'il en soit, l'architecte s'est indiscutablement inspiré des villas construites à la Renaissance par l'architecte italien Andréa Palladio. Outre les références à l'architecture antique, nombre de ses théories sont en effet reprises ici, dont l'intégration du château dans la campagne environnante et l'attention portée aux proportions de l'édifice, les façades étant conçues pour offrir aux occupants le panorama le plus large.
La propriété s'ouvre par un lourd portail de fer forgé encadré par deux pavillons en brique, seul l'un d'eux a été restauré, il ne subsiste que les murs extérieurs du second.
Précédant la façade du château, le four à pain et le pigeonnier sont disposés symétriquement. Ces deux élégantes constructions, recouvertes d'un enduit à la chaux, sont contemporaines de la construction du château.

Le château

Bâti sur une éminence, de plan massé presque carré, le château domine le village de ses formes imposantes. L'effet de symétrie, d'équilibre et d'harmonie du style palladien est accentué par la noblesse discrète des matériaux, pierre de savonnières pour les maçonneries et ardoises de la Meuse pour la couverture.
La façade sud qui s'impose au regard depuis les deux pavillons d'entrée est la plus aboutie avec son large portique antique ponctué de colonnes et pilastres à chapiteaux ioniques rehaussés d'un fronton triangulaire, colonnade qui prend appui sur le soubassement.
Rassemblant les pièces de service, le rez-de-jardin est desservi par trois élégantes portes cintrées. De part et d'autre, une volée d'escalier permet d'accéder au portique dont les hautes croisées rectangulaires sont surplombées de consoles ornées de larmiers à denticules. Les moulures de l'entablement de la façade principale se poursuivent en partie haute sur les deux façades latérales orientées à l'est et à l'ouest. Des bandeaux légèrement saillants soulignent délicatement les appuis des fenêtres, cintrées au rez-de-chaussée, rectangulaires au niveau des étages. Toujours par souci de symétrie, les quatre ouvertures centrales sont isolées des baies latérales par un petit décrochement de façade. Cette avancée de quelques centimètres permet d'imiter la composition des deux façades principales. Seule une porte charretière au rez-de-chaussée de la façade ouest rompt la régularité des alignements. La façade arrière, orientée au nord, surplombe la vallée de la Saulx. Elle semble reprendre en négatif la modénature de la façade principale. Plus sobre, elle est constituée en partie centrale d'un avant-corps en saillie coiffé d'un fronton triangulaire.


Rez-de-jardin
Ce niveau abrite la grande cuisine qui a conservé ses éléments d'origine, notamment une pierre à eau et un potager. La cheminée, imposante, trône au milieu de la pièce sur un sol recouvert de grandes dalles de pierre.
Un vestibule pavé de tomettes la sépare d'une chambre associée à une vaste salle de douche adaptée aux personnes à mobilité réduite. Le sol est habillé de tomettes octogonales patinées.
Outre plusieurs caves, un cellier et un local pour la chaudière performante installée récemment, le niveau possède une pièce de presque 100 m² qui s'ouvre sur le jardin.
Rez-de-chaussée
C'est par le péristyle sud, accessible par la double volée de marches extérieures, que se dévoile l'étage noble du château. Le vestibule se distingue par une ambiance minérale épurée. Au sol, un dallage octogonal en pierre calcaire naturelle et cabochons de marbre noir remplace à l'identique l'ancien revêtement qui a été dérobé. Les murs sont décorés de motifs de pierre peints en trompe l'oeil et les radiateurs en fonte fleurie sont ornés de rinceaux de style rococo.
A droite sont réunies les parties privatives avec un bureau, une chambre à cheminée de marbre et plancher de chêne en échelle, une salle de douche, toilettes séparées et un boudoir utilisé comme dressing.
A gauche du vestibule, un escalier de bois en vis montant en perspective jusqu'à la toiture dessert les différents niveaux du château.
Réminiscence lointaine des maisons romaines avec ses peintures en faux marbre, l'atrium est un élément incontournable des villas palladiennes. Occupant une position centrale et de forme rectangulaire, il est éclairé par une vaste verrière de toit. Quatre majestueuses doubles portes noires ouvragées à la feuille d'or desservent les pièces adjacentes. Quatre niches latérales en arc cintré structurent géométriquement la pièce en dissimulant astucieusement le système de chauffage dans la partie basse.
Le grand salon est la principale pièce de réception. Baigné de lumière, il donne une vue panoramique sur le parc et la vallée de la Saulx. Les boiseries, omniprésentes, évoquent le style Louis XVI avec des éléments décoratifs plus clairsemés. Les ouvertures sont flanquées de pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens à feuilles d'acanthe, symbole de l'amour éternel. Les lambris sont ornés de motifs en bois représentant des vases-cassolettes à anses d'inspiration grecque. Les fleurs qui les garnissent sont puisées dans le répertoire amoureux qui se décline aussi à travers les symboles du carquois et du flambeau décorant les panneaux qui surmontent les quatre miroirs. Vénus, déesse de l'amour, de la séduction et de la beauté, trône en majesté sur l'imposante corniche en gypse. Le raffinement des décors du grand salon s'accorde avec l'élégance du plancher à point de Hongrie. Disposition originale, la cheminée en marbre est placée sous une grande baie vitrée.
A côté du grand salon, un petit salon à alcôve permet d'accéder aux terrasses arrières par une porte-fenêtre.
La salle à manger est la pièce où le décorum néoclassique est le plus marqué. Peintes à même le torchis, les fresques néo-pompéiens reproduisent, sur un fond vert sauge, des motifs antiques et des frises de frettes.
La bibliothèque semble résulter de la réunion de deux anciennes pièces à en juger par la discontinuités des lames du plancher. Retranchée derrière l'office, presque secrète, la pièce affiche un imposant ensemble mobilier dont les portes à double vantaux sont surmontées de niches en arc cintré. Une cheminée en marbre noir de la fin du 19ème a été remontée à des fins décoratives. A sa gauche, une porte donne accès au péristyle.
Côté ouest, deux fenêtres offrent une vue dégagée sur la chapelle et le parc.
Premier étage
Le palier dessert un vestibule décoré dans le style Empire, clin d'oeil à l'époque de construction qui contraste avec le caractère rustique des tomettes en terre cuite. Il donne accès à une grande suite de 52 m² avec petit salon et salle de bain et se prolonge par une mezzanine surplombant l'atrium de l'étage noble. De fausses portes assurent un effet de symétrie. Une verrière rectangulaire laisse pénétrer la lumière naturelle tout en dissimulant le niveau supérieur occupé par le grenier. Cette mezzanine a pour fonction principale de desservir cinq chambres ou suites avec antichambre, dressing et vastes salles de bain aménagées selon un parti pris résolument contemporain.

La chapelle

Cet édifice de 1837 construit pour remplacer l'ancienne chapelle fut un des premiers conçus en France dans le style néogothique. De taille modeste, il se compose d'une petite nef et d'un chevet à pans. Son appareillage est en pierre de taille et seule la façade principale est décorée. Au centre, la double porte d'entrée en arc brisé se prolonge par une imposte percée d'un oculus. Marquée par deux colonnettes supportant un arc en accolade, la porte est flanquée de deux niches prenant appui sur des consoles de pierre décorées de feuillages, éléments qu'on retrouve dans le choeur de la chapelle. Aux deux extrémités du portail s'élèvent deux tourelles octogonales décorées elles aussi de colonnettes surmontées de petits chapiteaux à crochets.
Le pignon se dresse en partie haute au-dessus d'une frise à décor quadrilobé. En son centre se trouve une grande rosace aveugle portant trois motifs trilobés.
La statue qui surplombait l'édifice a aujourd'hui disparu bien qu'on en ait retrouvé quelques fragments de terre cuite. Les vitraux de l'oculus placé au dessus du retable et des baies latérales et les plafonds à voûtes d'ogives de bois et de plâtre sont en cours de restauration.

Les dépendances

Le four à pain et le pigeonnier, totalement restaurés, ont été aménagés en maisons d'amis.
Le pavillon d'entrée abrite un petit logement sur deux niveaux.
Précédées par un bâtiment en craie et pans de bois, les anciennes écuries en brique rouge abritent cinq boxes et des pièces de stockage.

Le parc

Conçue pour favoriser la biodiversité, la partie nord du parc est gérée en tant qu'espace sauvage et naturel avec prairie de fauche et partie boisée.
Au sud, le potager est cultivé selon des techniques d'agriculture durable et ses qualités esthétiques en font un lieu idéal pour le repos contemplatif. Le verger est quant à lui complanté de plusieurs dizaines de variétés anciennes.
A proximité immédiate de la chapelle se trouve une source qui surgit au pied d'un édifice en pierre de taille. Cette conjonction semble indiquer qu'elle était utilisée comme fontaine de dévotion et qu'on prêtait à ses eaux des vertus curatives, voire miraculeuses.

Ce que nous en pensons

Il se dit que l'amour peut soulever les montagnes. Ce sont en tout cas les battements d'un coeur qui ont rythmé le surgissement de cet aimable palais dont la confondante beauté puise aux sources mêmes de la Renaissance italienne. D'où la fougue harmonieuse et câline qui émane de cette grandiose villa mâtinée d'antique, sorte d'improbable Taj Mahal dressé en pleine terre de Champagne. Des corniches en stuc à la petite chapelle, tout respire la passion entre des murs où se joue une partition architecturale à la fois théâtrale et infiniment poétique. Aboutissement d'une vaste restauration menée avec sérieux et précision au moyen de belles matières et selon un goût très sûr, l'atmosphère qui y règne est emplie de raffinement et d'authenticité.

Vente en exclusivité

2 022 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


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Référence 116765

Surface cadastrale 12 ha 18 a 88 ca
Surface du bâtiment principal 900 m2

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Responsable régional
Aube, Marne


Florence Fornara       +33 1 42 84 80 85

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