Situation
À la frontière du département du Gard, au centre d'un triangle formé par Nîmes, Avignon et Arles, Beaucaire est véritablement à la croisée des histoires conjuguées du Languedoc et de la Provence. Elle est entourée de nombreux espaces naturels remarquables, comme la Camargue, dont elle constitue l'une des portes, et le plateau des Costières.
Traversée par le Rhône, la ville est l'une des extrémités du canal du Rhône à Sète, le long duquel est installé un port fluvial qui constitue l'un des charmes de la cité. Fondée au 7e s. av. J.-C., Beaucaire, connue à l'époque romaine sous le nom d'Ugernum, connaît aujourd'hui un développement touristique et hôtelier croissant.
Les gares TGV d'Avignon et de Nîmes sont à 20 min et l'aéroport de Marignane à 1h25 min.
Description
À l'angle de trois rues orientées au sud, à l'ouest et à l'est, l'édifice laisse encore percevoir extérieurement les deux parties distinctes qui le composent désormais. La première, la plus haute, développe trois étages sur rez-de-chaussée. Affecté à l'origine à l'habitation, elle abritait également un séchoir à peaux dans les combles et apparaît datée de 1680 au cadastre de la ville. La seconde, plus basse, fut ajoutée à la suite d'une acquisition tardive sous le Directoire. Élevée de deux étages sur boutique au rez-de-chaussée, elle conserve sur sa façade en angle de rue un coffrage des années 1970 destiné à renforcer sa visibilité commerciale. Les toitures à deux pans, couvertes de tuiles canal, présentent les caractéristiques traditionnelles des constructions languedociennes.
Les façades, bâties en grands blocs réguliers de pierre de taille des carrières de Beaucaire, ont gardé leur aspect d'origine et unifient les deux parties de manière relativement homogène. Les fenêtres, dont la plupart datent du 18e s., profitent d'un apport important de lumière naturelle grâce à l'ouverture créée par l'angle des trois rues. Les contrevents provençaux à double épaisseur de bois, ponctués de clous retournés apparents et peints en gris-bleu, renforcent également la cohérence esthétique des façades. Leurs "jalousies", ouvertes ici ou là sur les rues adjacentes, permettaient d'observer discrètement les allées et venues de la clientèle.
La demeure
Si les façades ont conservé leur caractère d'origine, l'intérieur témoigne principalement des transformations intervenues au fil des siècles.La dernière affectation commerciale, qui a perduré pendant trois générations d'artisans jusqu'à aujourd'hui, a par exemple, largement transformé le rez-de-chaussée, auquel fut adjointe une boutique sur rue qui concentrait toute l'attention. Comme souvent dans les organisations commerciales anciennes, le premier étage était entièrement dévolu à l'habitation, installée directement au-dessus de la boutique et qui bénéficiait d'un accès discret vers la rue adjacente.
Le rez-de-chaussée
La boutique, dont la façade en angle a été coffrée en pierres de Vers dans les années 1970, constitue aujourd'hui l'entrée la plus visible de l'édifice.
La porte d'entrée en bois peint gris-bleu est soulignée d'un discret encadrement en pierre de taille, surmonté d'une imposte ornée d'une ferronnerie ouvragée à motifs d'arabesques et de feuilles d'acanthe.
La partie habitation, préservée de l'activité commerçante, est accessible par une porte qui ouvre sur la rue adjacente. Elle mène à un vestibule depuis lequel se découvre l'escalier principal aux marches de travertin moucheté.
A droite, prend place une arrière-boutique à usage d'atelier, demeurée dans son qui état origine. A gauche, une salle à manger et sa cuisine attenante peuvent aisément former studio indépendant. Une porte dérobée, qui jouxte l'escalier, ouvre sur les locaux techniques avec quelques curiosités ainsi que sur un garage capable de recevoir deux véhicules.
L'ensemble du niveau a été revisité au cours des siècles, particulièrement durant le 20e s. ; Peu d'éléments d'origine subsistent désormais, hormis la porte d'entrée et son imposte.
Le premier étage
La salle de séjour, la salle à manger, la cuisine, l'unique salle de bains ainsi que les deux chambres distribuées par des couloirs témoignent encore de cette organisation domestique où espaces d'habitation et activité professionnelle coexistaient au sein d'un même édifice.
Subsistent un trumeau de style directoire et un manteau de cheminée Louis XVI en marbre des Pyrénées à décor de cassolettes. Les sols en carreaux de ciments de la fin du 19e s. conservent leurs motifs polychromes, aux tonalités bleutées dans la salle de séjour et rouge sombre dans la salle à manger. Les plafonds stuqués pourraient masquer une ancienne poutraison peinte.
Le deuxième étage
Trois chambres destinées à la domesticité ont conservé leurs papiers peints du début du 20e s.
Quatre greniers à usage de stockage, dont l'un ouvre sur une petite terrasse romaine de quelque 10 m², autorise un regard plongeant sur une petite cour intérieure.
L'élément remarquable réside ici dans le sol en dalles de bar gris issues des carrières calcaires de Beaucaire, et non de celles de Montpellier comme il était d'usage. La ville possédait en effet ses propres carrières d'extraction, grâce auxquelles une grande partie des constructions put être édifiée. Les sols, demeurés presque intacts, en conservent encore le témoignage. La poutraison d'origine, visible aux plafonds, nécessite une restauration. Les interrupteurs électriques des années 1930 demeurent encore dans plusieurs pièces et rappellent les différentes périodes d’occupation de la maison. L’installation électrique devra toutefois être entièrement reprise dans l’ensemble de l’édifice.
Le troisième étage
Deux grands greniers laissés en l'état se distinguent par leur poutraison ancienne et leur succession de portes en bois brut taillées dans de larges planches marquées par le temps. Au sol prennent place les mêmes larges dalles de bar gris de Beaucaire qu'à l'étage inférieur. L'absence totale d'alimentation électrique contribue au caractère intact des lieux.
Les combles
Ils étaient entièrement dévolus au séchoir à peaux. Leur position haute et très aérée, qui garantissait une température et une circulation d'air constante, ainsi que leur orientation au sud et à l'ouest convenaient au séchage des cuirs suspendus. Le procédé consistait à éliminer progressivement l'humidité selon un long processus de séchage naturel. L'ancienne pièce professionnelle perdit son affectation au début du 20e s. et ne connut plus d'autre usage par la suite.
Ce que nous en pensons
Une ancienne demeure de tanneur placée au centre de la vie commerçante Beaucairoise passée et actuelle. Stratégiquement située entre l'hôtel de ville et les quais du port, elle est appelée à participer au renouveau promis de la cité.
Une rénovation totale, du rez-de-chaussée aux combles, sera nécessaire, certains étages n'ayant jamais été utilisés autrement qu'à des fins de stockage de marchandises. L'ensemble est demeuré dans l'état laissé par les générations précédentes, avec des matériaux devenus rares et quelques éléments inattendus, mais également avec une absence de conformité aux normes contemporaines.
Amateurs de gros travaux : à vos marques. Sachant que le centre-ville de Beaucaire est "site patrimonial remarquable" (SPR), protégé par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), qui rend le bien éligible à une réduction fiscale de 30 %.
480 000 €
Honoraires à la charge du vendeur
Référence 378304
| Surface du bâtiment principal | 540 m² |
| Surface cadastrale | 255 m² |
| Surface totale intérieure | 567 m² |
Voir le Diagnostic de Performance Energétique
NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.