Situation
Traversée du sud au nord par l’Ariège, Auterive doit à la fertilité de ses terres alluviales et à la présence de gués, son occupation dès le Néolithique, comme en témoignent les nombreux vestiges mis au jour sur son territoire. Située à la croisée de deux grands axes de circulation, l’un reliant Paris à l’Espagne par Toulouse, l’autre reliant l’Atlantique à la Méditerranée, la cité occupe une position privilégiée, qui a favorisé son développement et nourri une histoire particulièrement dense. Si la rivière demeure l’un des fils conducteurs de son paysage, la ville conserve également les traces de ce passé dans son tissu urbain ancien, ses places, ses commerces, et l’animation qui accompagne la vie locale. Une situation qui, à l’heure où Toulouse étend toujours davantage son influence vers le sud, prend toute sa pertinence.
Description
Dès l’entrée, une spacieuse boutique ouverte sur la rue a conservé l’essentiel de ses dispositions d’origine. Les rayonnages en bois, les faïences murales, les comptoirs, le bureau vitré et les réserves, content encore le quotidien d’un commerce aujourd’hui disparu. Plus loin, subsistent une cave voûtée, un ancien coffre-fort, une balance remarquable et diverses installations qui témoignent de l’intense activité qui animait autrefois les lieux.
À l’étage intermédiaire, les anciens chais, les imposantes chaudières, les meubles de rangement professionnels et les circulations intérieures renforcent l'impression de remonter le fil d’une histoire demeurée intacte.
Les niveaux supérieurs révèlent quant à eux un tout autre univers. Organisées autour d’un vaste palier, les pièces d’habitation à plafond haut se succèdent ; salles de réception, chambres à coucher, cuisines, salles d’eau et espaces de service, ont gardé une grande partie de leurs éléments anciens : cheminées monumentales, tomettes, vitraux, boiseries, placards intégrés et alcôve.
Une bibliothèque lambrissée prolonge une véranda ombragée par la végétation, tandis qu'en surplomb, une dernière pièce de nuit domine le jardin.
À l’extérieur, la cour se déploie autour d’un escalier en pierre surmonté d'une rampe en fer forgé, d’un garage, d’anciens ateliers et d’un bâtiment de service dont l’aménagement évoque un laboratoire de préparation. Rosiers, figuier et plantes grimpantes, adoucissent l'atmosphère minérale de l'ensemble.
Commerce, ateliers, réserves et habitation continuent d’y dialoguer silencieusement, composant un ensemble aussi singulier qu’attachant.
La maison
Connue sous le nom de « Maison du Comte », elle fut édifiée entre 1532 et 1545 pour Henri II de Navarre, alors coseigneur d’Auterive. Henri III de Navarre, futur Henri IV, y fit halte et y dîna le 1er août 1584, lors d’un voyage à travers le Lauragais. Élevée de trois niveaux au-dessus de ses espaces commerciaux, elle présente, côté rue, une façade de brique dont l’ordonnancement témoigne de son ancien rang. Six hautes fenêtres à meneaux de pierre rythment les étages, certaines ayant conservé leurs vitraux sertis de plomb, tandis que les encadrements de pierre blonde se détachent sur la chaude tonalité des briques anciennes. Les proportions de la bâtisse, sa hauteur inhabituelle et la régularité de ses percements, lui octroient une présence singulière dans le paysage urbain auterivain.Le rez-de-chaussée
Il perpétue la vocation commerçante qui a longtemps animé la demeure. Derrière les larges vitrines sur rue, un local d’environ 100 m² développe ses volumes recevant une abondante lumière naturelle. Dans son prolongement, se tiennent plusieurs espaces de service et de stockage : ancien laboratoire aux carreaux émaillés, ateliers, bureau et réserve. Un niveau intermédiaire présente d’imposantes cuves de stockage avec leurs jauges d’origine, vestiges rares de l'ancien commerce de village. En contrebas, une cave voûtée en brique, typiquement toulousaine, déploie ses arches sur toute sa longueur. L’ensemble représente un potentiel d’usage considérable, tout en racontant une part de l’histoire économique et sociale d’Auterive.
Le premier étage
Il rassemble les principales pièces d’habitation et peut constituer, à lui seul, un logement indépendant.
Le salon occupe une place centrale dans l’organisation du niveau. Deux chambres à coucher, dont l’une ornée de vitraux colorés, sont associées à des pièces d’eau et de bain privatives. La salle à manger, dotée d’une cheminée peinte, communique avec la cuisine, qui a gardé son décor des années 1950, pavée de son damier bleu et crème, équipée de son évier, égayée de ses boiseries turquoise et peintures vives.
Dans le prolongement, une véranda tournée vers le jardin apporte lumière et verdure à l’ensemble. Enfin, une bibliothèque complète le niveau, caractérisé par la présence de nombreux éléments anciens : tomettes, cheminées, boiseries, vitraux et menuiseries d’origine.
Le second étage
Il comprend une ancienne cuisine, qui communique avec une salle à manger au sol recouvert de tomettes anciennes, dont la cheminée richement ornée constitue le principal décor. Deux chambres à coucher se tiennent ensuite en enfilade, chacune dotée de son propre foyer. L’une d’elles renferme une alcôve et des placards intégrés, témoins d’usages anciens préservés. Une salle de bain prend place discrètement dans l’ensemble. Plus à l’écart, se trouve une pièce de nuit supplémentaire, tournée vers le jardin, d'où la vue porte sur les façades anciennes du centre historique. Les papiers peints, les vitraux et les dispositions racontent encore la vie quotidienne d’une demeure de famille demeurée fidèle à elle-même.
Les combles
Sous les toits, un grenier accessible par une trappe chapeaute toute la surface de la maison.
La cour
Accessible par une grille de fer à double battant, une cour-jardin en L, d’une surface d’environ 170 m², est préservée des regards. Une glycine ancienne, aux troncs noueux, y déploie son ombre et dialogue avec un figuier, tandis qu’une végétation fournie accompagne les murs et les ferronneries patinées par le temps. Un escalier extérieur conduit à la véranda qui surplombe l’ensemble. Quelques éléments architecturaux anciens, dont les colonnes moulurées qui la soutiennent, rappellent l’ancien rang de la demeure. Depuis les marches, le regard s’échappe au-dessus des frondaisons, vers les toitures du centre historique, une façade à pans de bois et le clocher voisin qui domine les jardins.Ce que nous en pensons
S’il est de ces passionnés qui prennent à bras le corps une maison pour lui redonner vie et lui rendre sa superbe, celle-ci le mérite amplement. Riche d’un passé séculaire, elle a traversé les époques, dont elle conserve de nombreux témoignages. Qu’ils soient comtes de Foix, rois de Navarre, ou résistants engagés, médecin ou commerçants, ses occupants successifs ont écrit l’histoire, marquant les lieux de leur empreinte, avec une certaine vision de l’humanité. Les actuels sont prêts à passer le relais à qui saura respecter l’esprit du logis et poursuivre l’aventure. Nul doute que les valeureuses lignées qui se sont succédé ici seront en soutien invisible des âmes vaillantes qui se chargeront de la mission de rendre sa noblesse à la Maison du Comte, et que la plénitude du résultat sera une infinie source de satisfaction pour qui s’attèlera à la tâche.
Référence 830562
| Surface du bâtiment principal | 360 m² |
| Nombre de chambres | 5 |
Voir le Diagnostic de Performance Energétique
NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.