Situation
À un battement d'aile du centre historique de Saumane-de-Vaucluse, la propriété est campée sur le versant sud d'un vallon surplombé par les contreforts rocheux des premiers reliefs des monts de Vaucluse. Elle s’inscrit dans un paysage singulier que l'homme a patiemment façonné des siècles durant autour de sa source par la construction de restanques afin de cultiver les coteaux dominant les plaines vivrières du pays des Sorgues.
L'accès est assuré en contrebas du domaine depuis la route sillonnant vers La Roque-sur-Pernes par un cheminement bordé de murets de pierre sèche, à couvert de chênes verts, qui conduit à un ensemble de terres d’un seul tenant mêlant vergers, oliveraies et terrasses paysagées. Le terrain, orienté du sud-est au couchant, profite d’un ensoleillement continu tout en étant naturellement protégé du mistral par les roches saillantes qui marquent la limite nord du domaine.
L'Isle-sur-la-Sorgue, avec tous ses commerces et ses très nombreux antiquaires, se rejoint en moins de 10 min, l'autoroute A7 en 20 min, tandis qu'Avignon avec sa gare TGV est accessible en 45 min et Marseille avec son aéroport international en 1 h.
Description
Le mas et son ancien fenil
La construction suit un axe nord-est–sud-ouest et affiche un plan en L, dont le corps de bâtiment principal s'étend contre la roche qui en constitue l'élévation nord au rez-de-chaussée. Les accès nord et sud sont ainsi situés à deux altitudes distinctes. Le corps secondaire à l'équerre prend naissance dans l'angle, qui est composé d'un volume distinct dont la toiture à pente unique est décrochée des deux corps, vraisemblablement édifié aux fins d'assurer la liaison entre les deux parties du bâtiment. Contre la roche, sur la restanque haute, le plan affiche une excroissance à niveau unique, correspondant au logement des gardiens aménagé à l'époque contemporaine. La couverture du bâtiment principal, à deux pentes asymétriques, est marquée d'une césure sur la longueur versant au midi par la tour-pigeonnier qui coiffe l'ancienne métairie. Les tours-pigeonniers ainsi intégrées aux mas permettaient habituellement de répondre à deux usages : d'une part abriter une cage d'escalier et d'autre part affirmer leur caractère seigneurial tout en tirant profit de l'exploitation réservée (et fort lucrative) des fientes de pigeons, le plus précieux engrais avant leurs variantes issues de la chimie moderne. La disposition de la tour, légèrement excentrée, associée à la composition générale du plan, traduit comme bien souvent dans ce type d'édifices une construction en plusieurs phases débutée à la fin du 17ᵉ s. ainsi qu'une importante campagne de restauration et restructuration réalisée à la fin du 20ᵉ s. En effet, le mas du 18ᵉ s. devait probablement être composé de deux corps : le principal à usage d'habitation et le secondaire strictement agricole, avec un fenil sous les combles.Le corps central
L'accès à l'habitation principale est assuré par une porte centrale à travers la façade méridionale. Surmontée d'une treille, elle ouvre sur la cage d'escalier de la tour-pigeonnier, qui dessert les pièces de part et d'autre, au couchant et au levant du rez-de-chaussée. Le pignon sud-ouest contient les pièces semi-troglodytiques, éclairées au sud et à l'ouest,, à usage de salle à manger et de cuisine avec souillarde et cellier attenants. Au levant, le niveau compte deux vastes salles de réception – une pièce de séjour et une bibliothèque –, qui assurent le lien avec le corps de bâtiment secondaire, accessible par une porte ouvrant sur une seconde cage d'escalier.Au premier étage, au-dessus de la cuisine et de la salle à manger, se tient une vaste chambre à coucher dont le plafond rampant à deux pans correspond au niveau de comble. Un escalier intérieur taillé dans la roche commande une salle de bain située à un niveau légèrement surélevé. L'accès à cette pièce d'eau est également possible depuis la cage de l'escalier principal en empruntant une volée vers le nord, avec un palier qui contient un cabinet de toilette et aboutit à une circulation secondaire contre l'élévation nord, qui desservait jadis les pièces donnant sur la cour. Le niveau est complété vers l'est, au-dessus des réceptions, par une élégante chambre à coucher et sa salle de bain en suite, largement éclairées par des fenêtres à arc surbaissé qui surplombent le jardin-cour et embrassent le paysage en contrebas.La chambre à coucher présente des éléments décoratifs remarquables avec son alcôve richement ornée de gypseries d'une cheminée et d'un sol en mallons rouges. L'ensemble témoigne d'un souci particulier d'aménagements de confort au 18ᵉ s. Les portes contenues de part et d’autre de l'alcôve assurent la jonction avec la circulation secondaire, qui permettait à la domesticité d'accéder aux chambres sans emprunter la cage de l'escalier principal.Surmontant cette dernière, une pièce unique constitue le second étage de l'ancien pigeonnier. Éclairée par une fenêtre sur cour, elle a été aménagée en chambre.
L'aile est
Depuis le jardin-cour, le corps de bâtiment secondaire est commandé par un hall accessible depuis le porche, largement ouvert par les arceaux jumelés qui donnent sur la cour. Ce second corps de bâtiment est ainsi semi-ouvert au rez-de-chaussée où, de part et d'autre d'un vaste espace à couvert aujourd'hui à usage de salon d'été et jadis de grange, se situent la cage d'escalier dans l'angle et une salle pour le stockage d'outils à l'extrémité méridionale. Le hall secondaire contient non seulement un escalier d'accès à l'étage, mais également d'une part contre le mur deux réduits aménagés dans les angles, qui abritent respectivement des toilettes et un espace de rangement, d'autre part l'accès à une pièce qui sert de cave à vin et de rangement.L'étage du corps secondaire se développe à deux altimétries distinctes, avec pour la première une salle de séjour à haut plafond rampant surmontant le hall et pour la seconde ce qui devait correspondre au grenier ou au fenil de la métairie, au-dessus du porche et de la remise. Trois chambres à coucher et deux salles d'eau avec toilettes ont été aménagées habilement à ce niveau. Elles sont desservies par une circulation contre l'élévation sur cour, largement éclairée au couchant.
L'aile nord
Dissociée de l'habitation principale et aujourd'hui destinée à loger les gardiens, l'extension contemporaine septentrionale du mas est accessible par la restanque qui longe au nord le corps central au niveau du premier étage. Elle est constituée d'une part d'une salle de séjour ouverte sur une cuisine et contenue dans un volume neuf, d'autre part de deux chambres à coucher avec salle d'eau et toilettes, jadis rattachées au premier étage du corps de bâtiment principal. Un accès entre les deux habitations subsiste, aujourd'hui dissimulé dans un placard qui rejoint la circulation du palier supérieur contre la cage d'escalier principale.
Le parc en restanque et les bois
La propriété s'étend sur environ 8 ha. Elle est composée de terres agricoles aujourd'hui paysagées et entourées de bois.Un travail remarquable de restauration et de reconstruction des murs de soutènement a été entrepris parallèlement à la restauration des bâtiments. Six niveaux de restanques suivent la pente et ceinturent l'éperon rocheux au pied duquel le domaine surplombe le vallon. Dans la partie orientale, les terrasses alternent d'étroites bandes plantées de cyprès, de lauriers-roses, d'oliviers et d'une longue treille là où la déclivité est la plus forte, puis vers le sud-est de vastes parterres à découvert à la manière de boulingrins. Dans la partie occidentale du domaine qui s'étend vers l'ouest et le sud, les restanques ne sont plus rectilignes mais courbes et épousent le relief. Elles contiennent dans leur partie sommitale une petite construction troglodytique, puis une aire de stationnement qui se prolonge par une prairie. Dans cette dernière se trouve une serre dont l'entrée est délimitée par un arc en pierre de facture récente. Davantage au sud, une première restanque est gratifiée des vestiges d'une orangerie dont il ne subsiste que l'élévation méridionale, percée de quatre sous-œuvres à anse de panier tandis qu'à l'arrière-plan un possible accès en voûte de pierre permet de rejoindre la restanque supérieure. Plus au sud encore et toujours à découvert, une piscine (de 15 x 6 m) a été creusée dans le terrassement qui contient également le local technique, accessible par la restanque inférieure.Enfin, en surplomb du chemin d'accès et partiellement à couvert des bois, un vaste réservoir d'environ 500 m², originellement dévolu à l'irrigation gravitaire des cultures en terrasse, jouxte à l'est une simple construction en pierre recouverte d'une toiture à une pente, aujourd'hui à usage de local technique pour le forage et l'irrigation du domaine par arrosage automatisé. Le parcours des sources captées est encore visible, notamment un peu plus à l'est avec la présence d'un ancien trou d'eau ou gour aménagé en bassin au pied d'une importante roche dans le lit du vallon. Les chênes ne s'y sont pas trompés et quelques individus multi-centenaires n'ont pas été découragés par la roche pour y plonger leurs racines.Ce que nous en pensons
Si l’eau de sa source y coule depuis la nuit des temps et qu’un travail patient de l’homme a permis de terrasser dès le 17ᵉ s. des vergers nourriciers au pied des colosses calcaires vauclusiens, une esthète éprise de Pétrarque, à l’image de la muse du poète florentin Laure de Sade, a su y déployer à la fin du 20ᵉ s. une âme amoureuse, qui a transformé l’ancienne métairie des Baudet de Sade en véritable thébaïde.
La nature impénétrable de l’humanité se traduit ici par le contraste saisissant entre les profonds vallons boisés au cœur des contreforts des monts du Vaucluse, et la cascade de restanques italianisantes contenant de riches treilles, de vastes bassins et d’élégants parterres aux perspectives classiques.
Les piliers de roche en sont les gardiens, tandis que la vie peut s’y écouler à l’abri des nuisances de notre temps, baignée d’un soleil du Midi discrètement rythmé et tempéré par les cyprès et les chênes séculaires.
Vente en exclusivité
2 940 000 €
Honoraires de négociation inclus
2 800 000 € Honoraires exclus
5%
TTC à la charge de l'acquéreur
Référence 928931
| Surface cadastrale | 8 ha 42 a |
| Surface du bâtiment principal | 543 m² |
| Nombre de chambres | 9 |
| Surface des dépendances | 20 m² |
Voir le Diagnostic de Performance Energétique
NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.