Situation
Meudon occupe un vaste plateau boisé qui domine la vallée de la Seine, à seulement quelques kilomètres du centre de Paris. Sa géographie, formée de collines et de vues portant au loin, explique l’attrait qu’elle exerça dès le 18e s. sur de nombreux aristocrates, artistes et intellectuels en quête de calme et d’espace à proximité de la capitale. Le quartier de Bellevue, progressivement loti à partir du 19e s., se caractérise par un habitat dispersé dans la verdure et une atmosphère résidentielle intacte. Il est desservi par la gare de Meudon-Bellevue, qui permet de rejoindre Montparnasse en à peine plus de 10 min, et autour de laquelle se trouvent les commerces de proximité indispensables. C’est là que se situe également le marché couvert de Bellevue, qui se tient les mercredis et samedis matins. Enfin, seules 5 à 15 min de marche suffisent pour se rendre dans les établissements scolaires, publics ou privés, parmi les plus recherchés de la commune.
Description
Associant la pierre, le béton, le verre et le métal, la Maison de gardien combine les lignes droites, arrondies et obliques. Loin du fonctionnalisme de l’architecture classique des années 1950, elle est pensée pour épouser la pente du terrain et rompre avec toute symétrie. Atypique, elle est autant une demeure qu’une œuvre d’art. Elle comprend aujourd’hui, en rez-de-jardin, un salon à l’abri des regards où la lumière du sud et de l’ouest est tamisée par l’abondante végétation, un vaste espace salle à manger avec une cheminée et une baie vitrée côté jardin, et une cuisine séparée qui dispose d’une porte-fenêtre donnant également côté jardin. Un escalier en colimaçon, du designer Roger Tallon, mène à l’étage supérieur, qui compte trois chambres ouvrant chacune sur l’extérieur par de grandes baies vitrées, deux salles d’eau et des toilettes. La chambre principale bénéficie d’une terrasse entourée de verdure. Un garage de plus de 30 m² est attenant à la maison. L’ensemble nécessite une rénovation complète.
Le grand terrain de près de 2 000 m², en pente, ménage un cadre arboré et confidentiel en cohérence avec la vocation originelle du lieu, qui était de favoriser le retrait et la concentration. Il dispose aussi d’un bassin aujourd’hui désaffecté, qui pourrait facilement être remis en service ou, pourquoi pas, converti en piscine. Le portail en métal rouge qui ferme l’entrée évoque les créations de Calder, bien qu’il ait été réalisé par Bloc et Parent. Les trois petites statues d’André Bloc qui se trouvent dans le jardin et ne sont pas classées, peuvent être acquises en sus du prix.
L'ancien atelier
Les volumes et les circulations témoignent du travail et de la réflexion qui ont présidé à l’élaboration de l’espace. L’étage supérieur est ainsi partiellement construit sur pilotis, ménageant une aire abritée, à l’origine en plein air, où se tient aujourd’hui le salon, dont la vue porte sur le jardin arboré au travers d’une verrière en arc-de-cercle. Un autre volume, communiquant largement avec le salon, comporte une cheminée et un poêle ; il est aujourd’hui à usage de bureau, de salon de piano et de salle à manger — laquelle est équipée d’une table du sculpteur et designer Michael Prentice. Le mur qui longe la rue du Bel-Air est occupé par un grand vitrail conçu par André Bloc, à base de pavés de verre de couleur enchâssés dans du béton, selon une technique en vogue dans les années 1950 et 1960. Le sol, uniforme hormis dans la cuisine, est en béton ciré patiné par le temps. L’escalier tournant qui conduit à l’étage est une œuvre iconique des années 1960 et 1970 signée Roger Tallon.L’absence de cloisonnement du rez-de-jardin — à l’exception du mur qui sépare la salle à manger de la cuisine —, pensé ainsi dès l’origine, constitue la signature même d’un lieu dessiné pour le travail de l’artiste. Le garage, de plus de 30 m², installé derrière la cuisine et auquel on accède par la rue du Bel-Air, dispose d’une porte de sortie attenante à la porte-fenêtre de cette dernière.
L'étage des chambres
Le premier étage se gagne tout à la fois par l’intérieur — grâce à l’escalier hélicoïdal — et par l’extérieur, au moyen d’un escalier en béton à la silhouette aérienne, qui prend appui contre la façade. Le niveau, initialement conçu comme le seul lieu d’habitation de la maison, profite d’une abondante luminosité. Tandis que le sol du couloir et des salles d’eau est couvert de petits carreaux en grès cérame noir, celui des chambres est en béton ciré à l’instar du rez-de-jardin.La chambre principale se trouve dans l’ancien salon et ouvre sur une toiture-terrasse aménagée au-dessus de la salle à manger, de la cuisine et du garage. Elle bénéficie, au détour de la cloison arrondie qui sert de garde-corps à l’escalier, de sa propre salle de bains, avec une vasque signée Andrée Putman (Oscars du design 1993). Deux autres chambres donnent sur le jardin par des baies vitrées qui occupent l’intégralité du mur extérieur. Elles partagent une salle d’eau avec douche, dont l’entrée abrite des toilettes.
Le modernisme architectural appliqué
La maison de gardien témoigne du travail de Claude Parent avant la formalisation conceptuelle de son architecture oblique et des débuts de sa collaboration avec André Bloc, alors âgé de soixante ans et reconnu à l’échelle internationale. La revue que ce dernier a fondée en 1930, « Architecture d’aujourd’hui », autour de laquelle ont gravité des figures comme Le Corbusier ou Mallet-Stevens, a servi pendant des décennies de caisse de résonance à l’architecture moderne. La conception de la maison de gardien répond d’ailleurs aux cinq points de l’architecture moderne énoncés en 1927 par Le Corbusier : les pilotis, le plan libre en l’absence de murs porteurs, la façade libre, non porteuse, dans laquelle peuvent être percées des ouvertures de la forme et de la taille souhaitées, le toit-terrasse ou toit-jardin et les fenêtres en longueur.Dans son parc de Meudon, avec sa maison de gardien autant qu’avec sa maison principale, Bloc expérimente par ailleurs l’idée selon laquelle l’architecture ne doit pas être un simple contenant fonctionnel auquel s’ajoutent ensuite les éléments de décoration. Il y travaille à ses sculptures aux formes organiques, au travers desquelles il recherche la liberté plastique qu’il défend aussi en architecture. Ce sont toutes ces raisons, autant architecturales qu’artistiques et historiques, qui justifient le classement au titre des monuments historiques de l’ensemble du domaine — la maison de gardien, la maison Bloc, le parc avec ses sculptures-habitacles et le mur de clôture.
Ce que nous en pensons
Une construction qui va bien au-delà de la simple notion d’habitat. Elle est avant tout une œuvre d’art, conçue comme telle, mais également un document moderniste : celui d’un moment charnière de l’histoire de l’architecture française, où quelques figures ont cherché à inventer des formes radicalement novatrices, en rupture avec les conventions héritées. Sa protection au titre des monuments historiques en consacre l’importance patrimoniale, mais c’est spécifiquement sa valeur artistique qui la rend exceptionnelle. C’est un amateur conscient de sa portée qui s’engagera dans une restauration à la hauteur de l’enjeu architectural qu’elle représente. Elle pourra ainsi faire le bonheur d’un collectionneur d’art, d’un passionné des années 1950, d’un designer souhaitant un lieu de caractère pour y montrer ses créations ou d’un architecte, par exemple.
1 625 000 €
Honoraires à la charge du vendeur
Référence 331264
| Surface Carrez | 147 m² |
| Surface totale intérieure | 180 m² |
| Nombre de pièces | 5 |
| Nombre de chambres | 3 |
| Charges de copropriété | 0 € |
Voir le Diagnostic de Performance Energétique
NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.