À Eygalières, un joyau Renaissance classé MH,
le mas de la Brune, son parc de 4 ha et ses jardins au pied des Alpilles
Avignon, BOUCHES-DU-RHONE paca 84000 FR

Situation

Au cœur du massif et du parc naturel régional des Alpilles, en contrebas du piton rocheux d'Eygalières, village où cohabitent avec bonheur intellectuels, acteurs célèbres, personnalités des médias et population locale active et animée. Fier de ses 2000 ans d'histoire, Eygalières tient son nom des Romains qui le nommèrent Aquarelia, "recueillant les eaux", et offre au passant comme à l'habitant la jouissance de ses fontaines et du canal des Alpines, un atout plus précieux que jamais dans le paysage rocailleux des Alpilles.
Le village connu pour ses nombreux restaurants s'enorgueillit aussi de commerces très appréciés, d'une production d'huile d'olive d'appellation contrôlée et de domaines viticoles.
Dépourvu de gare mais très bien relié au réseau routier local, Eygalières est à 30 min d'Avignon TGV, 30 min d'Arles, 20 min d'Aix-en-Provence et 40 min de l'aéroport de Marseille Marignane.

Description

À l'extrémité d'une allée de marronniers bicentenaires, trois corps de bâtiments reliés constituent l'ensemble bâti de la propriété de 4 ha, largement arborée.
Le premier est le manoir Renaissance dit "mas de la Brune", érigé en 1572 ; le seul édifice de cette nature, élevé au milieu des terres, jaillissant comme une nef qui présente fièrement au visiteur la proue de sa tour échauguette.
Directement adossée au manoir, une construction plus récente, du 18e s., à l’ombre d’un tilleul tricentenaire, a pu héberger autrefois de petits quartiers de domesticité.
Enfin, au levant, là où un mur de fermeture a sans doute existé autrefois, une ferme réhabilitée, séparée du manoir par une rangée de cyprès et ouvrant sur la vaste cour qui se prolonge à l’arrière du jardin à la française, assure la jonction avec le reste du parc où chante en permanence la précieuse eau descendue des Alpilles par le canal éponyme.
Le classement au titre des monuments historiques le 9 août 1924 a retenu uniquement le mas de la Brune, déjà recensé sur la carte de Cassini au 18e s. sous le nom de "Grand Mas". Il a été construit, selon les uns, pour le consul Pierre Bruno-Isnard, dont il aurait adopté le patronyme féminisé, et, selon d’autres, pour un alchimiste dont le nom a plongé dans l'oubli. Dans les deux cas, on doit probablement ce remarquable ouvrage, entièrement construit en pierre des Baux, au maître-maçon originaire du Vivarais, Gaston Flayelle, qui conçut aussi l’hôtel de Manville aux Baux-de-Provence.
Les dimensions du manoir, ses paraphrases bibliques sculptées à même la façade comme sur un grand livre ouvert, et jusqu’au nombre codé de marches de son escalier en vis font pencher pour l’hypothèse de la maison d’alchimiste.
Une spacieuse piscine carrelée, habilement dissimulée aux regards dans un bosquet de lauriers, à été creusée à bonne distance du corps d'habitation.
Enfin, un parking, invisible du manoir mais pouvant abriter une dizaine de véhicules, a été aménagé à l'ombre de mûriers platanes.

Le manoir

La façade principale, au sud-est, présente un seul étagement de fenêtres étrésillonnées de meneaux. L'entrée basse en plein cintre est surmontée d'un cartouche sans armoiries. À l'étage, les pilastres unis, encadrant les fenêtres, sont rythmés par des sculptures qui transforment la façade en livre d'heures sur lequel on peut lire : "MORTEL. VIVANT. PENSE ET CROYE. QUE TA FIN SERA ENFER OU PARADIS SANS FIN."
Cependant, l'élément le plus remarquable de la façade est ailleurs : une échauguette ronde en encorbellement, avec sa coupole richement sculptée, posée à l'angle de l'édifice tel le gaillard d'avant d’un vaisseau de pierre. Dans la niche d'angle, une sirène musicienne apparaît en figure de proue symbolique.
Le demi-étage supérieur a servi de magnanerie jusqu'au début du 20e s.
La façade nord-ouest, quant à elle, ne comporte aucun décor.


Le rez-de-jardin
Accessible par la porte basse de la vaste terrasse dallée, se présente un vestibule à trois entrées en plein cintre portant moulures avec, en agrafes angulaires, un ange, un démon et un grotesque.
Ce niveau voûté, comportant peu d’ouvertures, était avant tout utilitaire, avec pour but de protéger l'édifice de l’extérieur, sans rien vouloir présenter de spectaculaire. Et pourtant c’est bien sur un très spectaculaire escalier en vis décoré de riches sculptures que l’on tombe sitôt la porte basse poussée ! Il symbolise un "arbre de vie" inversé avec "Adam et Eve" et "la Création du monde" figuré tout en haut de sa volée et "le Salut" tout en bas, dès l’entrée du manoir.
Un couloir rapide mène aux cuisines situées au nord et équipées de matériel professionnel, souvenir de l’époque où ce lieu était un hôtel-restaurant. Arrière-cuisine, cellier, lingerie, conservent à ce niveau leur aspect utilitaire originel.
À gauche, figure une salle de séjour qui fut convertie en pressoir à huile d’olive dès 1682 et en a conservé les deux vis en bois géantes inscrites dans une "chapelle" en pierre des Baux.
A droite, un salon orné d’une cheminée monumentale sur des bases romaines avec son potager d’origine étonne encore le visiteur par le gigantisme de ses proportions.
Le premier étage
C'est l'escalier en vis qui y mène, avec pour lecture obligée les allégories en forme de masques qui en rythment les marches. La présence aux trompes de l’escalier des quatre évangélistes souligne, comme le fait la façade extérieure, son caractère de véritable livre d’heures gravé dans la pierre du manoir : à l'extérieur, le monde païen ; à l'intérieur, le monde chrétien. Ainsi saint Luc assis sur un tabouret et écrivant sous la protection du Taureau. La phrase qu’il trace dans son livre et que le sculpteur a fidèlement gravée reste parfaitement lisible : "Luc trouva onc. Racine. Ne si Très Bonne Médecine pour Tous. En tout et tout lieu. Que de Scrire du Fils de Dieu". De part et d’autre de l’escalier, qui constitue la véritable colonne vertébrale de l’édifice, le premier étage (piano nobile) déploie, en épousant exactement le même plan que celui du rez-de-jardin, deux vastes pièces aux remarquables plafonds à la française à poutrelles de bois peints ou ornées de décors. L’une est aujourd'hui une bibliothèque et l’autre la chambre de maître avec sa salle de bain. D'autres chambres à coucher et salles de bains complètent l’étage au septentrion.
Le demi-étage
Il adopte exactement la même disposition que le premier étage et le rez-de-jardin, l’escalier en vis menant à deux entrées en plein cintre surmontées de sculptures de têtes d’inspiration antique. Le couronnement du noyau d’escalier est garni de deux têtes d’anges et de deux grotesques représentant la Colère et la Gourmandise.
À ce niveau, où se donne à observer l’extrémité inversée de l'arbre de vie avec la Création et Adam et Eve, il subsiste également un vestige d’échauguette et un nouveau départ d’escalier ; ce dernier a vraisemblablement pu conduire à une terrasse d’observation, accréditant ainsi l'hypothèse d'un propriétaire non seulement alchimiste mais aussi astronome. Le célèbre voisin saint-rémois Nostradamus était décédé six ans avant la pose de la première pierre du mas de la Brune, donnant au moins la certitude qu'il ne s'agit pas de lui ! Ce demi-étage, qui servait autrefois d’entrepôt aux cocons de vers à soie, ne fut jamais utilisé comme habitation avant le milieu du 20e s. Il comporte aujourd'hui pas moins de six chambres à coucher et six salles de bains.

Les petits quartiers

Aujourd’hui complètement reliée au manoir par le rez-de-jardin et les étages, au point de ne former qu'un avec lui, cette partie probablement aménagée au 18e s., ouvrant sur la terrasse méridionale par des portes-fenêtres à deux vantaux et à petits carreaux, est créditée d'avoir hébergé les petits quartiers de la domesticité assez réduite du manoir.
Au rez-de-chaussée, relié au grand salon du manoir par un dégagement, un bureau s'ouvre aujourd'hui, au sud-est, sur le tilleul tricentenaire de la terrasse. La partie nord abrite une chaufferie et un local technique, observant l'affectation utilitaire du rez-de-chaussée.
Au premier étage, deux chambres à coucher communiquent avec le manoir par une porte et deux salles de bains.
Au demi-étage, enfin, trois chambres à coucher et trois salles de bains complètent l'habitation.

La ferme

Son extension sur deux étages, à partir d'une base et d'éléments de modénature d'époque Renaissance, a été largement re-conditionnée au 19e s. et lors de la période hôtelière du domaine, entre les années 1970 et 1990.
L'intérieur offre aujourd’hui une superficie habitable considérable. Ses volumes très généreux, liés à l'aspect caractéristique des mas provençaux qui ont traversé l'histoire en superposant influences et styles, la présentent en parfaite harmonie avec le manoir en léger décrochement duquel elle se situe, devant sa cour aérée et lumineuse. Elle est entièrement reliée à ce dernier au nord-est, par les locaux techniques et le logement du gardien.


Le rez-de-chaussée
On y accède par la très vaste cour dans laquelle était dressée la scène du festival international de musique d'Eygalières. Une porte permet l'accès au logement du gardien, totalement indépendant bien qu'intégré au corps de ferme. Une porte charretière à double vantaux ouvre sur une baie qui découvre la salle de réception et salle de séminaires de la version hôtelière, vraisemblablement aménagée dès les années 1970 dans l'ancienne étable aux bestiaux et restaurée avec un goût certain dans les années 1990.
Le premier étage
Il comprend plusieurs chambres à coucher très confortables, réaménagées et réhabilitées dans les années 1990.
Le deuxième étage
Dans le prolongement du demi-étage du manoir, il bénéficie d'ouvertures plus larges que celles de l'étage inférieur, captant une luminosité particulière dans les quelques chambres à coucher qui ont y ont été aménagées. La vue sur le parc et une partie de la chaîne des Alpilles fait largement le reste, et l'agrément de l'étage supérieur.

Les jardins et le parc

Le verdoyant domaine de 4 ha, entièrement clos, est en majeure partie constitué de quelques spécimens rares, tels les marronniers bicentenaires de l'allée centrale, le tilleul tricentenaire de la terrasse ou un majestueux platane bicentenaire.
Les occupants actuels avaient confié en 1997 la création d’un jardin contemporain aux paysagistes Arnaud Maurières et Eric Ossar, le "Jardin de l'alchimiste", constitué d'essences magiques et classé "Jardin remarquable". Aujourd'hui, ce jardin est retourné à l'état de friche, mais le mas de la Brune a conservé un remarquable potager conçu sur le modèle suggéré par le célèbre agronome de la Renaissance Olivier de Serres.
La terrasse sud-est se prolonge par un jardin ornemental en croix, agrémenté d'une fontaine et d'un bassin central.

Ce que nous en pensons

Le mas de la Brune a eu plusieurs vies, peut-être à l'image de l'alchimiste qui l'a habité, et reste auréolé de mystère près d'un demi-millénaire après sa construction.
Actuellement maison de famille, autrefois hôtel de charme ou cadre d'un prestigieux festival de musique, lieu détenteur des énigmes et des secrets de mondes disparus, le manoir-vaisseau du mas de la Brune est d'évidence prêt à voguer vers de nouvelles destinations. Ce n'est pas le genre de maison qui se refuse aux futurs. Elle a largement fait la preuve de sa capacité à pouvoir tous les appréhender et à traverser le temps en restant toujours aussi vaillante et majestueuse. Elle attend désormais un projet qui soit digne d'elle et surtout un capitaine qui puisse en tenir la barre dans le respect de sa singulière histoire.

Vente en exclusivité

6 990 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


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Référence 276562

Surface cadastrale 4 ha 7 a 59 ca
Surface du bâtiment principal 800 m2
Nombre de chambres 17
Surface des dépendances 400 m2
dont aménagées 400 m2


Aucune procédure en cours menée sur le fondement des articles 29-1 A et 29-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 et de l’article L.615-6 du CCH

Conseiller
Avignon et Alpilles

Francis Rousseau +33 1 42 84 80 85

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NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.

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